« Des boules à baisers » le gui, pour une année de bonheur !

    Le gui

    « Des boules à baisers » pour une année de bonheur !

    AMOUR, PROSPÉRITÉ, ÉTERNITÉ

    Pourquoi  s’embrasse-t-on sous un gui ?

    A l’origine pour les gaulois le gui était une plante sacrée que seuls les druides pouvaient cueillir en haut des chênes avec une serpe d’or tout en prophétisant « O Ghel an Heu » – traduisez « Que le blé germe », qui s’est transformé au moyen âge en « au gui l’an neuf ». Le Chêne était un arbre sacré et la plante du soleil, le gui était l’arbuste de la lune. Tous les ans entre le 24 et le 1er janvier se déroulait la grande fête gauloise du Gui.

    En Europe du nord et en France, il est d’usage de s’embrasser sous une branche de gui, symbole de prospérité et de longue vie au moment des fêtes de Noël et du jour de l’an (à minuit précisément). Dès le Moyen-Âge, on en cueillait pour l’offrir avec ce souhait “Au gui l’an neuf”, formule remplacée plus tard par “bon an mal an que Dieu soit céans” (soit dans la maison). Au XIXème siècle, on disait “Bonne et sainte année, le paradis à la fin de vos jours”, expression modernisée au XXème siècle en “Bonne et heureuse année”.

    Des «kissing ball» (boules à baiser), boules de gui expressément destinés au baiser, ont été observés en Angleterre dès le 18e siècle. Quand une jeune femme célibataire acceptait un baiser sur la joue sous le gui décoré et accroché aux portes, elle était destinée à être marié dans l’année.

    Un peu de botanique

    Le gui, Viscum album du latin viscus, glu, allusion à la colle tirée des baies et album, blanc allusion à la couleur de ces mêmes baies.

    Le gui est un arbrisseau épiphyte c’est-à-dire qu’il vit sur d’autres plantes, sans toucher le sol. C’est un hémiparasite car il est capable de produire sa photosynthèse mais va puiser de l’eau et des sels minéraux chez son hôte.

    Sa forme ronde est assez étrange dans le règne végétal, elle peut atteindre 1 m de diamètre.

    Famille : Loranthacées

    Feuilles : opposées, sans pétiole, allongées, coriaces, 5/6 nervures parallèles, couleur vert-jaune.

    Fleurs : le gui est une plante dioïque, c’est-à-dire que les fleurs mâles et femelles sont portées par des individus différents. Elles sont très discrètes,  de couleurs jaune vert.

    Floraison : mars à mai

    Fruit : Les fleurs femelles fécondées se transforment en baies blanches, globuleuses de la taille d’un petit pois, translucides avec une graine verte à l’intérieur entourée de pulpe très visqueuse  «la viscine » qui lui permet de se coller à son hôte et qui servait autrefois à faire de la glue.

    Cette couleur blanche est unique chez nos baies indigènes. Il n’y a que la Symphorine (Symphoricarpos, Caprifoliacées), arbrisseau ornemental exotique, qui possède également des baies blanches.

    Base de la plante : en mars avril, les graines collées aux branches vont germer et des suçoirs vont s’enfoncer entre le bois et l’écorce.

    Comment le gui se développe-t-il  sur un arbre ?

    Ce sont les abeilles, les bourdons et les mouches, attirés par le nectar qui suinte à la base des tépales qui assurent la pollinisation. Et ce sont les oiseaux qui s’occupent de la dissémination.

    Il lui faut 4 à 5 années pour produire des fleurs puis des baies qui seront disséminées, engendrant à leur tour de nouveaux pieds de gui.

    L’histoire d’un pied de gui commence par le transport de ses semences par les oiseaux frugivores, plus précisément baccivores (amateurs de baies). Curieusement, alors que les baies sont rares en hiver, peu d’oiseaux consomment celles du Gui. Les ornithologues qui ont étudié le rôle des oiseaux dans la dispersion du parasite en note deux : la Grive draine (Turdus viscivorus) et la Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla). Ces deux espèces ne se nourrissent pas uniquement de baies de gui : elles présentent un régime alimentaire généraliste.

    Dans la nature, le Gui est observé fréquemment sur une quarantaine d’espèces d’arbres, arbustes et arbrisseaux, aussi bien des conifères que des feuillus.

    On peut mettre en évidence trois sous-espèces :

    Le Gui des feuillus (Viscum album album)

    Les pommiers et les peupliers sont les arbres les plus fréquemment parasités. Il est égalmeent fréquent sur les aubépines, sorbiers, tilleuls et, dans une moindre mesure, saules, amandiers, érables et Robinier. Viennent ensuite d’autres espèces sur lesquelles il est rare (frênes, Noisetier, poiriers, bouleaux, cerisiers, Charme et Châtaignier) et des espèces où il est très rare (ormes et chênes). Enfin, une espèce, le Hêtre, ne serait jamais parasitée.

    Le Gui du sapin (Viscum album abietis) pousse sur le Sapin blanc (Abies alba) et autres espèces de sapin introduites.

    Le Gui du pin (Viscum album pini) pousse fréquemment sur diverses espèces de pin, plus rarement sur l’Epicéa commun.

    Enfin, signalons que le Gui semble parasiter plus facilement des arbres ayant perdu de leur vitalité du fait d’épisodes de sécheresse ou d’attaques par les insectes.

    Propriétés médicinales 

    On utilise le buis pour des préparations traitant l’hypertonie, l’hypotension et l’artériosclérose. En Allemagne et en Suisse, ses extraits sont prescrits en complément de certaines pratiques anticancéreuses, essentiellement pour stimuler les défenses immunitaires.

    La toxicité du Gui est essentiellement liée à la présence de protéines : viscotoxines et lectines. Elles sont présentes dans toutes les parties aériennes, avec une prédominance dans les feuilles, et dans une moindre mesure dans les baies. A noter que la toxicité varie avec la sous-espèce de gui mais également avec l’hôte !